Emilie Bonnet : « Laisse entrer la lumière »

Logo Dvm Production Face France : Nous sommes heureux de vous parler aujourd’hui d’une artiste française qui sera prochainement au coeur de toutes les nouvelles productions radiophoniques à venir et tout particulièrement « SHOW CASE » qui sera produit en 2014 et diffusée à partir de septembre de l’année prochaine.
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Emilie Bonnet vient de sortir un nouvel album en juin dernier, il s’intitule « Laisse entrer la lumière » , il comporte 16 titres originaux et nous ouvre les portes d’un univers très personnel à Emilie Bonnet. Riche culturellement d’une carrière au Japon, Emilie nous emporte en chansons et nous invite dans un voyage, riche en émotions.

Emilie Bonnet, est l’une des tout premières interprètes de Jean-Jacques Goldman, en 1983, avec le titre « J’essaierai d’oublier ».

Découvrez l’entrevue accordée par Emilie Bonnet 

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

J’étais l’invitée d’une émission sur RTL avec André Torrent dans laquelle je devais chanter en direct. J’étais en train de me préparer lorsque quelqu’un a frappé à la porte. C’était Jean-Jacques Goldman, qui n’était pas invité ce jour-là. Il était venu exprès pour me voir, car il avait entendu une de mes chansons qui passait à l’antenne et avait “craqué sur ma voix”, selon son expression. Il m’a simplement dit qu’en écoutant ma voix, il m’avait tout de suite écrit une chanson. Il m’a remis le titre « Si tu veux m’essayer », qu’il avait juste fait avec sa guitare et sa merveilleuse voix, et m’a donné son numéro de téléphone pour que je le rappelle si la chanson me plaisait.

Après avoir écouté la chanson avec ma D.A. (directrice artistique), je l’ai rappelé pour lui dire que je souhaitais l’enregistrer. Nous avons répété chez lui, dans sa cave, tous les deux, jusqu’à ce que je sois prête.

Au moment où vous vous êtes rencontrés, Jean-Jacques Goldman était l’ancien chanteur de Tai Phong, il avait sorti deux albums solo et plusieurs titres à succès (« Il suffira d’un signe », « Quand la musique est bonne », « Comme toi », « Au bout de mes rêves »).

Qu’avez-vous ressenti lorsqu’il vous a proposé de travailler avec lui ?

Je ne le connaissais pas lorsqu’il était le chanteur de Taï Phong. Je n’ai entendu parler de lui que lorsqu’il a fait son premier titre en solo. Mais lorsque nous nous sommes vus, sur le coup, ce n’était pas le bon moment pour moi, car je devais chanter en direct quelques minutes après. J’avais tellement le trac que je lui ai à peine répondu. D’ailleurs, il m’a vue une fois avoir un malaise à cause de ce trac que je n’arrivais pas à maîtriser à ce moment-là, derrière un micro, alors que l’on passait tous les deux en direct sur France Inter avec Jean-Louis Foulquier. Il en a été si touché qu’il a attendu un moment avant de pouvoir chanter.

Selon lui, Jean-Jacques Goldman vous aurait écrit « Si tu veux m’essayer », interprétée onze ans plus tard par Florent Pagny, mais comme les paroles vous gênaient, il les a changées en « J’essaierai d’oublier ».

Est-ce la façon dont cela s’est passé ?

Non, le titre « si tu veux m’essayer » ne me gênait pas, mais c’est ma D.A. qui trouvait que cela faisait trop vulgaire avec ma voix éraillée. Elle a donc demandé à Jean-Jacques de changer le titre. Je ne pouvais pas la faire changer d’avis, contrairement à ce que pensait Jean-Jacques, et j’en explique la raison principale dans mon livre. Cela m’a fait tellement mal de ne pas pouvoir dire la vérité à Jean-Jacques, alors que je voyais qu’il était hyper contrarié. D’ailleurs, ma D.A. a aussi refusé le titre qu’avait écrit Didier Barbelivien spécialement pour moi après m’avoir vue sur scène : « Mademoiselle chante le blues ». Elle trouvait que Didier prenait trop d’importance dans ma vie d’artiste et elle ne le voulait pas.

Vous a-t-il expliqué pourquoi la chanson était signée d’un pseudo (« Sweet Memories ») plutôt que sous son nom propre ?

Je ne lui ai jamais posé la question.

Anne-Marie Batailler, la première interprète de Jean-Jacques Goldman, en 1980, a enregistré pas moins de onze chansons (dont « Si tu veux m’essayer »), plusieurs d’entre elles ayant ensuite été enregistrées par JJG (« Bienvenue sur mon boulevard », « Il y a »), ou l’un de ses interprètes (« Comme un tout petit bébé » par Philippe Lavil, « Si tu veux m’essayer » par Florent Pagny).

Vous a-t-il présenté différents titres, avez-vous pu choisir une ou plusieurs chansons qui vous plaisaient ?

Non. Il est venu en me disant qu’il venait de composer « Si tu veux m’essayer » pour moi. Je ne connaissais pas Anne-Marie Batailler.

Connaissez-vous, ou avez-vous connu les premières artistes avec lesquelles JJG a collaboré (la voix féminine de « Slow me again », Jean-Louis Bessis, Catherine Ferry, Elli Medeiros, Danielle Messia, Janick Prévost, Linda Singer, Jane Surrey) ?

Je connais Catherine Ferry car nous avons fait quelques galas ensemble. Jean-Paul Dréau avait écrit une chanson pour moi, « J’veux d’la tendresse », mais comme Janick Prévost la voulait absolument, ma D.A. a demandé à Jean-Paul Dréau de m’en écrire une autre, « Les caves de l’amour ». Danielle Messia était une fille extraordinaire. Nous étions parties faire « La croisière du hit parade ». J’ai même donné des photos à Jean-Jacques qui m’avait demandé si je la connaissais bien, sur lesquelles j’étais avec elle. Il y avait beaucoup de respect entre elle et moi.

Quand le 45 Tours est sorti en 1983, comment s’est passée la promo ?

Ce titre, qui est devenu « J’essaierai d’oublier », passait sans arrêt sur NRJ. J’ai fait des concerts avec Jean-Jacques, mais malheureusement, ma D.A. a fait sortir le disque des bacs peu de mois après, alors que ça démarrait fort. J’en explique la raison dans mon livre.

D’où vient votre timbre de voix si particulier ?

Est-ce que j’ai trop fumé ? Et bien non, je ne fume pas. Dès l’enfance, j’avais cette voix. Les gens étaient interloqués de voir un petit bout de chou, toute blonde, avec une voix si grave. Ma grand-mère espérait que l’on puisse intervenir, mais le médecin avait refusé de tenter quoi que ce soit. Lorsque je suis arrivée à Paris, j’ai voulu prendre des cours de chant chez un professeur de renom. Lorsqu’elle m’a entendue chanter, elle m’a dit que j’avais certainement des nodules sur les cordes vocales et qu’elle pourrait me guérir avec des exercices vocaux bien spécifiques. Au bout de quelques cours, j’ai perdu ma voix, j’étais devenue aphone. Je suis allée voir un spécialiste, qui est resté perplexe, mais m’a demandé d’arrêter ces exercices, même lorsque je retrouverai ma voix. Il m’a expliqué après examen que mon timbre de voix était dû à un problème aux cordes vocales. En effet, elles ne sont pas parallèles comme elles devraient l’être. A certains endroits, elles s’écartent l’une de l’autre sur toute leur longueur. Je voudrais juste rajouter que lorsque j’écoute l’ancienne version de « J’essaierai d’oublier », les ah ah ah ah ah me gênent. J’ai tellement voulu montrer ce que je savais faire (ça, c’est la jeunesse !), que j’ai forcé sur cette phrase musicale. Au fil des années, je m’en suis voulu, car je ne trouvais pas ça très beau. Je n’avais pas besoin de ça, le timbre était là.

Vocalement, on peut vous comparer à Bonnie Tyler, Rod Steward, Janis Joplin ou Bette Middler. Vous étiez une amie proche de Daniel Balavoine, de prestigieux auteurs ou compositeurs (Jean-Jacques Goldman, William Sheller, Jean Fauque, Jean-Paul Dréau, Pierre Delanoë) ont écrit des chansons pour vous. Avez le recul, qu’auriez-vous fait de différent pour connaître le succès auprès du grand public ?

Il m’est impossible de me projeter. J’ai eu de telles souffrances depuis ma naissance que malheureusement, j’ai confondu l’amour que je recherchais tant chez les gens, avec mon métier et ça m’a perdue. Heureusement, je viens de me réveiller après des mois passés à écrire le livre et mon album. J’y parle beaucoup de Daniel Balavoine aussi. Daniel était un ange, un garçon adorable et d’une extrême générosité. C’est aussi un ange à présent.

Vous souvenez-vous de la première fois où vous avez entendu « Si tu veux m’essayer » en 1994 ? Comment avez-vous réagi ?

Lorsque j’ai entendu Florent Pagny, j’ai eu mal dans mon cœur comme lorsque j’ai entendu chanter « Mademoiselle chante le blues » par Patricia Kaas.

En 1986, JJG a écrit un album complet pour Johnny Hallyday, et à partir de 1993, il a écrit plus de 100 titres pour des interprètes aussi divers que Céline Dion, Patrick Fiori, Patricia Kaas, Joe Cocker ou Yannick Noah. Comment avez-vous perçu sa carrière d’auteur-compositeur ?

J’ai toujours été heureuse du succès grandissant de Jean-Jacques, car dans mon cœur, il a toujours été mon ami et est toujours présent. Et il a un tel talent !

Avez-vous gardé contact depuis 1983 ?

Nous nous sommes revus quelque fois, mais vraiment par hasard, et nous étions heureux, bien qu’il ne m’ait jamais pardonnée de ne pas l’avoir suivi dans notre métier. Je lui ai déposé mon livre dans sa boîte aux lettres chez lui il y a quelques jours, en lui marquant bien de le lire afin de me comprendre. J’attends sa réponse.

Vous venez de sortir une autobiographie, « Laisse entrer la lumière ». Quelle place votre rencontre avec JJG occupe-t-elle dans votre livre ? Et dans votre vie ?

Une grande importance. Lisez l’autobiographie, et vous comprendrez. Jean-Jacques est très présent, comme vous pourrez le constater, et je me livre plus facilement dedans. Vous découvrirez beaucoup de choses que je n’ai jamais pu dire jusqu’à présent. L’écriture de ce livre a été ma libération. J’explique à Jean-Jacques la raison qui pour moi était vitale et pour laquelle je ne l’ai jamais suivi.

Vous avez un nouvel album en préparation, qui porte le même titre que votre livre, « Laisse entrer la lumière ». Une chanson, « Sur un acte de naissance », est d’ailleurs disponible en intégralité sur votre site. Avec qui collaborez-vous sur ce nouvel album ?

J’ai composé la plupart des musiques et deux textes. Il y a un titre composé par Gilbert Montagné, un de Léonard Lasry, un de Didier Galibert. Il y a deux versions de « Sur un acte de naissance » ainsi qu’un rap que j’ai fait avec un garçon nommé Ank. Jai mis très longtemps à composer cet album, car je ne voulais que des titres forts. Je n’aime pas le remplissage.

Le titre numéro 7 s’appelle « Si tu veux m’essayer… j’essaierai d’oublier… ». Est-ce un medley des deux versions ?

Oui, c’est un medley. Il y a d’abord une partie de « Si tu veux m’essayer » tout en douceur, suivie d’une partie de « J’essaierai d’oublier » très rock.

Un dernier mot pour les amateurs de Jean-Jacques Goldman qui liront notre entretien ?

Le seul regret que j’ai, c’est que ce monsieur là-haut dans le ciel ne m’ait pas guidée pour écrire ce livre avant. J’embrasse très fort tous les amateurs de ce très talentueux Jean-Jacques.

Source :parler-de-sa-vie.net
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Publié le juillet 28, 2013, dans Actualités. Bookmarquez ce permalien. 7 Commentaires.

  1. Alain STIEVENARD

    Bonjour Emilie BONNET entrera dans le classement QUOTA de CAMPUS LILLE et de RADIO CLUB fin septembre Cordialement ALAIN STIEVENARD

    merci d’enregistrer ma nouvelle adresse mail stievenarda@gmail.com

    Alain STIEVENARD 92 rue de Famars 59300 VALENCIENNES

    Tl. : 03 27 30 11 73 / 06 12 98 78 54

  2. JEANNÈVE HOULE

    Émilie … Génial l’idée de joindre : » Si tu veux m’essayer » et  »J’essaierai d’oublier »… Très très belle idée … J’adore … !

  3. Bravo Emilie !! et qu’enfin , cette route ensoleillée bien méritée, qui s’ouvre devant toi, te soit belle !!! Je t’embrasse. Claire.

  4. Je vous remercie beaucoup pour ce très joli article sur EMILIE BONNET qui en est toute retournée….!
    Bien Cordialement
    Christian JOUSSET
    STELLARTISTIC PRODUCTIONS
    Agent de Emilie BONNET

  5. MERCI ! xx

  6. JEANNÈVE HOULE

    J’ai eu une larme … Elle est une Artiste …une Vraie …

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