« Les oubliés de la Belle Etoile » au Ramdam 2024

Au cœur des montagnes savoyardes, le documentaire « Les Oubliés de La Belle Étoile » de Clémence Davigo a marqué les esprits lors de sa présentation au festival Ramdam 2024. À travers le récit poignant de Dédé, Michel, et Daniel, anciens pensionnaires du centre de redressement catholique La Belle Étoile, le film offre un témoignage bouleversant sur une époque pas si lointaine, où l’enfance était souvent synonyme de souffrance.

Situé au-dessus d’Albertville, La Belle Étoile a été le théâtre de nombreuses injustices infligées à des enfants, qu’ils soient pupilles de la nation, orphelins, ou issus de la DDASS. Les années 60 et 70 ont laissé des marques indélébiles sur des individus tels que Dédé, Michel et Daniel, qui, près de six décennies plus tard, se retrouvent pour partager leur histoire et briser le silence qui a trop longtemps entouré les horreurs de ce centre de redressement dirigé d’une main de fer par l’Abbé Garin.

Le réalisateur Clémence Davigo, en collaboration avec les protagonistes, nous offre un accès émotionnel à leurs souvenirs enfouis. Le documentaire explore le pouvoir de l’amitié et du soutien mutuel qui a permis à ces hommes de se reconstruire au fil des années. La décision de confronter le passé et de révéler au grand jour les sévices subis à La Belle Étoile est un acte courageux, symbolisé par leur rassemblement dans les montagnes savoyardes.

Le cadre majestueux des montagnes contraste avec la noirceur des souvenirs partagés. La demeure qui surplombe le pic de la Belle Étoile devient le lieu symbolique où ces survivants partagent leurs récits douloureux, cherchant à briser l’omerta persistante au sein de l’Église catholique. Le film nous plonge dans une quête poignante de vérité, de reconnaissance, et de justice.

Clémence Davigo guide habilement le spectateur à travers cette épopée émotionnelle, mettant en lumière la résilience humaine face à l’adversité. Le documentaire ne se contente pas de documenter les horreurs du passé, mais pose également des questions cruciales sur la responsabilité des institutions religieuses et la nécessité d’une justice réparatrice.

« Les Oubliés de La Belle Étoile » n’est pas seulement un film, c’est un appel à la compassion, à la compréhension et à la prise de conscience collective. En donnant une voix à ceux qui ont été longtemps marginalisés, le documentaire rappelle l’importance de briser le silence sur les abus du passé pour construire un avenir où de tels traumatismes ne se reproduiront plus.

Publié le janvier 17, 2024, dans Actualités. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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